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Qui parmi vous connais Henry David Thoreau ?
Henry David Thoreau n’a quitté que rarement son village du Massachusetts, Concord, qui est le reflet d’une Arcadie, d’un paradis rural auquel l’Amérique n’a jamais cessé de rêver. Etudes indisciplinées à Harvard, instituteur pendant deux ans, Thoreau s’installe ensuite chez son ami, Ralph Waldo Emerson. Plus tard il s’occupe, avec succès, de la fabrique artisanale de crayons de son père. Attaché d’abord à sa liberté, Thoreau préfère, quand il a besoin d’argent, entreprendre un travail manuel. Dans les années qui suivent, il participe énergiquement à la résistance contre les lois esclavagistes. Son éthique est ‘la désobéissance civile’ et ‘la pauvreté volontaire’. C’est lui qui donnera à Gandhi et à Martin Luther King l’idée de l’action non violente. A l’âge de vingt-huit ans, Thoreau quitte Concord pour une forêt. Il y construit sa cabane sur les bords de l’étang de Walden. En s’installant ‘hors du monde’ à vingt minutes de Concord, il prétend démontrer la nécessité d’être présent au monde ici. Dès que Thoreau commence à écrire, il se pose comme élève d’Emerson. Il est l’ami des philosophes transcendantalistes, en particulier du poète Walt Whitman. Henry David aspire à ‘une vie transcendantale dans la nature’, c’est-à-dire à rejoindre l’être profond des choses et à y accorder sa conscience. Il meurt en laissant le considérable héritage de l’idée collective.
http://www.evene.fr/celebre/biographie/henry-david-thoreau-142.php

Merci de ramener à notre memoire ,un auteur americain de premier plan.
J’ai mis ces extraits de la désobéissance civile en ligne sur mon blog, il y a quelques mois… la suite chez moi, ça ne tient pas tout ici !!!!!!
Avant propos :
« Je suis de naissance trop haute pour me laisser approprier
Pour être le subalterne de qui détient le pouvoir,
Ou le valet et l’instrument commode
D’aucun état souverain par le monde … »
le roi jean – shakespeare
En juillet 1846, Thoreau fut emprisonné, n’ayant volontairement pas payé un impôt à l’état américain, car il lui reprochait de soutenir l’esclavage qui régnait alors dans le Sud et de mener une guerre contre le Mexique. Il fut content d’être incarcéré pour cet acte posé. Il ne passa qu’une nuit en prison, car son entourage paya la caution, ce qui le rendit furieux…
« … Pour parler en homme pratique et en citoyen, au contraire de ces hommes qui se nomment anarchistes, je ne demande pas d’emblée « point de gouvernement », mais, d’emblée, un meilleur gouvernement. Que chacun fasse connaître quel genre de gouvernement commanderait son respect, et ce sera le premier pas pour l’obtenir.
Après tout, la raison pratique pour laquelle, une fois le pouvoir aux mains du peuple, on permet à une majorité de régner de façon continue pendant très longtemps, ne tient pas tant aux chances qu’elle a d’être dans le vrai, ni au respect qu’elle inspire à la minorité, qu’à la prééminence de sa force physique. Mais un gouvernement où la majorité tranche de tous les problèmes ne peut être fondé sur la justice, telle que les hommes l’entendent. Ne peut-il pas exister de gouvernement où ce ne serait pas les majorités, en quelque sorte, qui trancheraient du bien et du mal, mais la conscience – où les majorités ne trancheraient que des questions auxquelles s’applique la loi d’opportunité ? Le citoyen doit-il jamais un instant, si peu que ce soit, abdiquer sa conscience au législateur ? A quoi bon la conscience individuelle, alors ?
Je crois que nous devrions être hommes d’abord et sujets ensuite. Il n’est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi et pour le bien. La seule obligation que je dois assumer est de faire à tout moment ce que j’estime juste.
On dit assez justement qu’un groupement n’a pas de conscience ; mais un groupement d’hommes consciencieux est un groupement doué de conscience. La loi n’a jamais rendu les hommes un brin plus justes ; et, de par le respect qu’ils lui portent, les gens les mieux intentionnés deviennent chaque jour les agents de l’injustice.
Le résultat courant et naturel d’un respect indu pour la loi est que l’on peut voir une colonne de soldats, colonel, capitaine, caporal, simples soldats, ordonnance et toute la clique, marchant au combat par monts et par vaux, en ordre admirable, contre leur volonté, que dis-je ? À l’encontre de leur bon sens et de leur conscience, ce qui rend cette marche fort dure en vérité, et éprouvante pour le cœur. Ils n’en doutent pas : c’est une vilaine affaire que celle où ils sont engagés. Ils ont tous des dispositions pacifiques. Or, que sont-ils ? Des hommes ? Ou de petits fortins, des magasins à poudre ambulants au service de quelque gouvernement sans scrupule ?
Visitez l’arsenal de la flotte, et observez un fusilier marin, un de ces hommes comme peut en fabriquer un gouvernement américain, ou ce qu’il peut faire d’un homme avec sa magie noire – simple ombre réminiscente de l’humanité, un homme debout et vivant enveloppé d’un suaire et déjà, si l’on peut dire, enseveli sous les armes avec les honneurs militaires, bien que peut-être :
Ni tambour, ni marche funèbre n’accompagnèrent
Son corps quand nous l’emmenâmes au galop jusqu’au rempart,
Nul soldat pour tirer une salve d’adieu
Sur la tombe où nous avons couché notre héros.
La masse des hommes sert ainsi l’Etat, non point tant en humains qu’en machines avec leur corps. C’est eux l’armée permanente et la milice, les geôliers, les gendarmes, la garde civile … Dans la plupart des cas, ils n’ont pas la liberté d’exercer leur jugement ou leur sens moral ; au contraire, ils se ravalent au niveau du bois, de la terre, des pierres ; et on peut fabriquer des automates qui rendront le même service. Ceux-là ne commandent pas plus le respect que des hommes de paille ou une motte de terre. Ils ont la même valeur que des chevaux ou des chiens. Pourtant, on les tient généralement, eux et leurs semblables, pour de bons citoyens. D’autres – comme la plupart des législateurs, des politiciens, des magistrats, des ministres et des fonctionnaires – servent l’état surtout avec leur intellect ; et, comme ils font rarement de distinctions morales, ils sont tout autant susceptibles, sans le vouloir, de servir le diable que dieu. Un très petit nombre, comme les héros, les patriotes, les martyrs, les réformateurs au sens noble du terme, et les hommes, mettent aussi leur conscience au service de l’état, et, ce faisant, lui résistent la plupart du temps ; et l’état les traite couramment en ennemis. .. »
Bonjour
Inconnu pour moi.Merci de faire découvrir, @+
Bien la rubrique philo., penses-tu que des liens
inter-rubriques se tisseront ??? Ce serait cool
Waouh, il va y avoir de la lecture en perspective,Lol
…….
La désobéissance civile, le Plaidoyer pour John Brown, font partie de ces livres qui reviennent régulièrement sur ma table de chevet.
Merci Karl P de me le faire découvrir – J’avais déjà entendu le nom mais je savais très peu de lui. Pour moi aussi, ce sera sûrement une prochaine lecture…