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Qu’en Pensez-vous ? Bien ou Mal ?
En vérité, il n’est pas rare qu’en errant au gré des ruelles parisiennes, comme guidé par un hasard lumineux, on soit pris d’un sentiment mêlé, la singularité angoissante et enivrante, de changer d’époque, d’habits et d’histoire. Pas à pas le macadam s’efface pour découvrir des pavés usés, plaintifs et décharnés. Leurs gémissements devancent ceux des passants qui paient le poids des siècles au tréfonds de leur moelle, dans la torsion inévitable de leurs chevilles. Squelette chaotique, scoliose nerveuse plongeant le voyageur dans le guet-à-pens des immeubles nouvellement bourgeois, qui se referment sur la rue comme s’ils ourdissaient ensemble une conspiration contre le soleil.
Les quelques belvédères livrent une lutte improbable à l’obscurité, opposant à ses assauts incessants, l’artificialité d’un souffle lumineux vacillant. Leur flot d’ambre liquide inonde les passants affairés à l’exécution d’une danse quasi tribale. Valse des costumes dont la cadence voit son rythme s’accélérer, et le bleu laisser place à la lignite.
Presque cachée derrière un flot de visages tantôt émerveillés, satisfaits, mécontents mais toujours sérieux, se découvre une petite boutique étincelante, au point même de graver l’éclat dans les yeux de ceux dont le regard y plonge.
Intrigué, je m’approchai pour savoir quelle pouvait être la cause d’une telle effervescence. Y avait il quelque vérité cachée, quelque sage débattant de l’humain, me demandai-je naïvement ? Décidé à percer ce presque mystère, je rentrai dans le sanctuaire, pour retrouver, déçu, mais sans surprise, l’atelier d’un joaillier, un de ces artistes du luxe, de ces virtuoses de l’apparence et de la superficialité. Mon regard parcourut rapidement la pièce, quand une voix éraillée s’éleva. « Vous êtes dans l’erreur ». Un vieil homme aux yeux fatigués, sortit alors de l’ombre. Ses cheveux blancs, les rides irrégulières de son front plissé, et ses vielles lunettes usées d’avoir contenu un regard trop perçant, contrastaient avec la perfection de ses mains. « Votre utopisme vous aveugle et vous entraîne vers un mépris obscurantiste jeune homme. Comprenez que chaque diamant est comparable à l’esprit le plus achevé. Si sa pureté et sa résistance sont des variables imprévisibles, vous apprendrez que chacun recèle pourtant, en lui, de la plus vile des traîtrises, comme de la plus scintillante des vertus. Ainsi, connaître ne revient pas tant à déterminer quelles facettes sont brutes ou ciselées, qu’à savoir quels sont les rouages, les mécanismes de l’âme qui feront jouer au gré des situations, tel éclat plutôt qu’un autre».

J’aime bien
Je me suis fait un petit film
Si c’est du Lautréamont, OK.
Si c’est de toi, change de style, c’est lourdingue !