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Cela vous invite-t- il à me suivre au voyage (baudelairien)?

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Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur,
D’aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes,

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or;
Le monde s’endort

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6 Responses
    • arrete je craque, tu me sites mes deux poétes preferé
      verlaine et baudelaire
      mais attention il y en a un troisiéme que j’adore, a toi deviner ;-)

    • - Les soleils couchants
      Revêtent les champs,
      Les canaux, la ville entière,
      D’hyacinthe et d’or ;
      Le monde s’endort
      Dans une chaude lumière.

      Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
      Luxe, calme et volupté.

      Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu ce magnifique poème!
      Merci pour ce voyage!!!

    • Ah, Beaudelaire, les fleurs du mal !! quel plaisir maintes fois retrouvé …et Rimbaud,

      I

      On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
      - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
      Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
      - On va sous les tilleuls verts de la promenade.

      Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
      L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
      Le vent chargé de bruits, – la ville n’est pas loin, -
      A des parfums de vigne et des parfums de bière…

      II

      - Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
      D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
      Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
      Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

      Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
      La sève est du champagne et vous monte à la tête…
      On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
      Qui palpite là, comme une petite bête…

      III

      Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,
      - Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
      Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
      Sous l’ombre du faux-col effrayant de son père…

      Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
      Tout en faisant trotter ses petites bottines,
      Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
      - Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

      IV

      Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
      Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
      Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
      - Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire…!

      - Ce soir-là,… – vous rentrez aux cafés éclatants,
      Vous demandez des bocks ou de la limonade…
      - On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
      Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

    • allez va pour le bateau ivre de rimbaud ety tu auras fait le tour

    • Que j’aime voir chère indolente,
      De ton corps si beau,
      Comme une étoffe vacillante,
      Miroiter la peau !

      Sur ta chevelure profonde
      Aux âcres parfums,
      Mer odorante et vagabonde
      Aux flots bleus et bruns,

      Comme un navire qui s’éveille
      Au vent du matin,
      Mon âme rêveuse appareille
      Pour un ciel lointain

      Tes yeux où rien ne se révèle
      De doux ni d’amer,
      Sont deux bijoux froids où se mêlent
      L’or avec le fer

      À te voir marcher en cadence
      Belle d’abandon
      On dirait un serpent qui danse
      Au bout d’un bâton

      Sous le fardeau de ta paresse
      Ta tête d’enfant
      Se balance avec la mollesse
      D’un jeune éléphant

      Et ton corps se penche et s’allonge
      Comme un fin vaisseau
      Qui roule bord sur bord et plonge
      Ces vergues dans l’eau

      Comme un flot grossi par la fonte
      Des glaciers grondants
      Quand l’eau de ta bouche remonte
      Au bord de tes dents

      Je crois boire un vin de Bohème,
      Amer et vainqueur
      Un ciel liquide qui parsème
      D’étoiles mon cœur !

    • moi c’est là que je te suis volontier:

      La vie anterieure

      J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
      Que les soleils marins teignaient de mille feux,
      Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
      Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

      Les houles, en roulant les images des cieux,
      Mêlaient d’une facon solennelle et mystique
      Les tout-puissants accords de leur riche musique
      Au couleurs du couchant refleté par mes yeux.

      C’est la que j’ai vécu dans les voluptes calmes,
      Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs,
      Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,

      Qui me rafraichissaient le front avec des palmes,
      Et donc l’unique soin était d’approfondir
      Le secret douloureux qui me faisait languir.

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